les pokémons

Publié le par chervalin

les pokémons

En me promenant hier, j’ai porté mes pas vers le lac béni après avoir monté péniblement la rampe qu’empruntent les coureurs de la Gypaète.

Je voulais éviter la foule mais je l’ai retrouvé quand même aux abords du lac.

C’est là que je les ai croisés, côtoyé plutôt pendant une centaine de mètres, un groupe familial.

Un vrai ! Avec des petits, des moyens, des grands enfants, deux couples et l’ami rigolo embarqué pour animer les soirées et servir l’apéro.

Une grosse dizaine, pas moins, qui avançait poussivement, (je ne vais déjà pas bien vite) donc poussivement freinée par une altercation entre le chef de bande et son rejeton qui eux avançaient juste devant moi.

Le père en voulait à son fils ado de ne pas apprécier la splendeur d’un tel paysage, l’air pur, la couleur de ce lac émeraude qu’ils allaient découvrir au pied du Margy, (désolé, il a dit Margy…la honte !), les ricochets qu’il allait pouvoir faire, peut être qu’on allait voir des mouflons, comme en corse, (non j’te jure…des mouflons !), les bienfaits de la marche et enfin la bonne idée qu’il avait eu de l’embarquer dans cette galère pour le sortir de la diablerie des pokémons.

Ses petites cousines ne faisaient pas tant d’histoires, elles, et de plus elles marchaient bien plus vite que lui, ce feignasse, incapable de mettre un pied devant l’autre correctement… La faute à l’équitation, que s’il continue l’an prochain, ce sera « tintin » !

« Tintin », un peu comme « Taratata » des expressions d’un autre temps. Elle doit remonter à loin sa colère au père pour qu’il se laisse aller à des formules pareilles.

J’ai mal entendu ce que lui a répondu le jeune, mais cela ne devait pas plaire au père car la baffe est partie.

Son portable en est tombé de surprise.

Enfin c’est ce qu’il m’a semblé !

Cela a une vie maintenant les portables.

Pensez, avec tous ces pokémons à l’intérieur, des amis par centaines, des opérateurs, des personnes chargées de la navigation, du journal, des infos, des groupes musicaux, un bataillon de cinéastes, un autre de caméramans, des profs, des jolies filles…

Il manque un truc…

Le rêve ! Un bout de place pour l’imaginaire créatif celui qui est porté par le vent ou les gouttes de pluie.

Et un autre pour l’observation du monde.

Le monde ! Celui qui est à portée de nos yeux, celui qu’offre le paysage autour de soi.

Bon je m’égare, le portable a chu, disions nous.

Et le père l’a ramassé, histoire de montrer aux nombreux pokémons, prisonniers quelque part dans les profondeurs du portable, ennemis vaincus par la chasse effrénée du fiston, qui était le chef.

Nom de dieu !

Du coup, le jeune a fait demi-tour, en regardant par terre et s’est même mis à courir vers la forêt… Histoire de se perdre.

Ou de changer de camp en allant prendre une place dans les rangs des pokémons.

Bien obligé puisque c’était son père qui avait les Pokéballs.

32 il en avait. Quel gâchis !

La mère à appelé plusieurs fois… Les petites cousines aussi… l’oncle, sans doute, a proposé d’aller le chercher, mais le père inflexible a dit qu’il n’irait pas bien loin et qu’après tout cela leur ferait des vacances car il commençait sérieusement à les gonfler.

Tiens il s’appelle Maurice ! Mais qui s’appelle Maurice de nos jours ? Non, j’ai certainement mal entendu, cela doit être Boris.

Je m’en fiche après tout et je les double car ils perturbent ma ballade.

J’ai peur qu’ils me prennent à témoin ou pire, qu’ils me demandent si les pokémons cachés dans la forêt sont dangereux.

Je m’aperçois en fin de compte, que j’aime bien me promener sur des chemins fréquentés.

Il se passe des scènes de la vie quotidienne qui, dans l’après coup, m’amusent.

Bon, je voudrais bien savoir s’il a réussi à se faire accepter dans l’armée des pokémons…

A coup sur ils vont lui demander où se trouvent les pokéshops.

Publié dans chroniques

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